mardi 17 novembre 2009

Mademoiselle Bobonne

J'ai toujours eu la certitude que j'allais avoirs des enfants, des enfants.
Plus les années s'écoulent plus le "s" venant après le mot enfant m'angoisse.
Je sais que, de nos jours, les femmes peuvent se permettre d'enfanter su'l tard, mais j'ai pas nécessairement envie de repousser la date butoir au point tel où je ne pourrai qu'accoucher de trisomiques. Je n'ai pas envie, non plus, de faire la Une du journal de Montréal parce que j'ai accouché de quintuplés, fécondés in vitro, à un copieux âge de crissement trop vieille.

C'est en cuisinant un repas complet, chose que je ne fais que très rarement, que je me mets à penser. Quand on a des enfants la vie devient-elle uniquement axée sur une question: qu'est-ce qu'on mange pour souper?

Ça me tente tu? Oui?

Moi je viens de la région, La Région. Celle qui est sur représentée dans les télé réalités. Celle qui fait de mes amies qui y sont restées, des dames au foyer avant l'âge, des lectrices de coup de pouce, des consommatrices de pantalons de polyester.
Je les regarde, comblées par la maternité. Sur leur photos facebook elles sourient en allaitant, en changeant des couches, en scrappant leur jeunesse. Ça me fait mal au cœur de voir Julie Chose avec des jumeaux dans les bras quand le dernier souvenir que j'ai d'elle, c'est cette fois où elle s'était battu avec un barman du camp des hommes parce qu'elle était trop grise de mescaline.

C'est ça le problème avec l'éloignement, soit tu t'accomplis par tes prouesses toxicomaniaques soit tu te fais faire des flots par un gars de shop.

J'aime encore mieux me les jouer anonyme paumée avec des carences vitaminiques.

Signé: A, un peu grise mais pas toxicomane

dimanche 8 novembre 2009

Pas assez fiction pour P45, trop pour ce blog

Il y a de cela quelques mois, 15 mois, 3 semaines et 4 jours pour être plus précise, j'ai rencontré l'homme de ma vie. À ce moment-là, sotte (lire slut) comme je suis, je prenais à la légère les garçons, surtout ceux dans son genre...

Je l'ai rencontré dans un bar, raison de plus pour ne pas fonder trop d'espoir en son cas, il m'a payé un verre et est reparti avec mon numéro. En raison des spéciaux sur la bière cheap, lorsqu'il m'a téléphoné le mardi suivant, 15h34 précis, je ne me souvenais plus trop de sa tête et n'avait guère envie de répondre par la positive à son invitation. Après délibération devant jury composé de mes amies qui avaient moins bu, je le rappelle question de me faire payer un autre verre, de voir la face qu'il a. Il parait qu'il est bin beau.

On se rejoint un mercredi sur St-Laurent, au Korova plus précisément. Il est beau comme une vieille pub de Calvin Klein, l'attitude en moins, la touche british en plus. Il laisse 6$ de tip pour nos deux bières, je songe finalement à lui laisser sa chance.

On passe les deux mois suivants à se minoucher, à se licher la face, à aller au cinéma. Le genre de trucs que je ne fais jamais. Même si je l'aime bien, mon envie de sorties, de nouvelles langues et de cruise refait surface. Je le trouve moins hot malgré sa face de Joseph Gordon-Levitt, je me tanne même de son accent, de son horaire de gars de bar.

Lorsqu'il m'avoue vouloir plus avec moi, c'est le début de la fin. Ça ne me prend qu'une semaine pour oublier de retourner ses appels, réorganiser mon horaire à grands coups de souper de filles et de 5à7 qui se terminent à 2h. On se laisse en bon terme, je vais chercher la mini garde-robe que j'ai laissée chez lui.

Entre temps, je me «déchêt-ise» comme une pro, je perd mon cellulaire et son numéro par la même occasion. J'enchaîne les gars pas fiables et les shooters de vodka-cornichons comme une fille qui ne croit plus en rien. Les soirées se terminent habituellement chez moi, poudre & Jameson en compagnie d'habitués ou de nouveaux venus.

Lors d'un de ces after-hours, le 29 janvier pour être précise, j'aime ça être précise, un des invités prononce son nom. Ça me revient tout d'un coup, un jour j'ai été sage, j'ai presque aimé. Je ne ressentais pas le besoin de sortir 5 jours sur 7, j'étais plus belle, surtout plus saine. Malgré le fait que lui aussi était un oiseau de nuit, il me calmait, me tempérait.

Je demande des nouvelles de mon ex-prince au grand blond trop gelé qui squat mon salon. Il me rassure qu'il va bien, qu'il travaille toujours au même endroit mais qu'il a déménagé un peu après qu'on ait cessé de se voir. Il a commencé un cours à Concordia et Alleluia, ne voit personne depuis moi. Il me donne son numéro de téléphone.

L'excitation, ça ou l'alcool, me fait oublier l'heure, je le texte.

Il me répond le lendemain matin. Il veut me voir, le soir même! On se rejoint dans un petit restaurant, il m'appelle «babe» (anglophone donc pardonnable) comme avant, je fini dans son lit, comme avant.

Rendu à ce point, les autres n'ont plus d'importance. Je me sens comme les filles dans mes cours en amour avec leur jock de footballeur depuis leurs premières règles. Je plug son nom à chaque 12 mots, j'embrasse mon côté quétaine. J'en viens même à accepter qu'il vienne dormir chez moi lorsqu'il me texte complètement saoul vers 4h. Je trouve sa mollesse attendrissante et son haleine de fond de tonne réconfortante. On recommence à passer tout notre temps ensemble.

Un jour, vendredi le 20 mars vers 11h32, je l'appelle. Pas de réponse, pas plus vers 15h. Je le rappelle le lendemain mais c'est encore sa boîte vocale qui embarque. Il travaille beaucoup ces jours-ci mais quand même, je m'inquiète. Je retente ma chance vers 17h puis à 21h, toujours le même «Hi! You've reach...». Je l'imagine dans un fossé, tué par deux mafieux ou des jeunes junkies. Je me vois déjà tout habillée en noir pleurant aux côtés de sa mère.

Lundi, cours de 5 heures, je n'ai pas dormi. Je laisse tomber les méthodes quantitatives et les sources secondaires et décide d'aller déjeuner chez une amie à la place. Il m'avait fait le coup l'été dernier de partir dans le nord, la batterie de son cellulaire à plat, mais à l'époque, je connaissais son coloc. Cette fois-ci, comme mon beau n'a pas facebook et que nous n'avons pas d'amis en commun, je reste seule avec mes scénarios. De toute façon, même si je connaissais ses cousins (maudits anglophones), je ne voudrais pas passer pour une vieille hystérique, je dois prendre mon mal en patiente.

Devant un café, mon amie tente de me rassurer: «Il a peut-être simplement eu une dure fin de semaine, il devrait répondre ce matin. Allez essaie.»

Je prend son téléphone, mon forfait de fille cheap ne me permet pas beaucoup d'appels les jours de semaine. Un coup, deux, il répond. Il se réveille, me dit allo avec la voix d'Éric Lapointe. Je lui dis que je le rappellerai vers 15h question de lui laisser le temps de dormir.

Mon homme est en vie, Dieu merci. J'ai réellement eu peur qu'il soit mort. Si je n'étais pas autant soulagée je serais probablement vraiment en criss.

15h17, je le rappelle. Pas de réponse. Il me texte qu'il est occupé, qu'il me lâchera un coup de fil dans une heure. 22h30 et toujours pas de nouvelles. Ce n'était pas une grosse fin de semaine, juste un dompage pas très légitime ou bien une vengeance dégustée à température de la pièce. Le sale...

Signé- C.

dimanche 1 novembre 2009

Annie Croche

Je ne fais pas partie de celles à qui la chance colle au cul. Je le sais depuis déjà longtemps. J'essaie de ne pas m'apitoyer sur mon sort, de me dire qu'au moins, j'suis belle. Je suis intelligente aussi mais ça moins d'effet, c'est plate de même.

Cette semaine, c'est pas mal plus difficile de me contenter de mes traits farouches, de mes yeux de biche et de ma moue d'actrice française. On dirait que je me suis fait passer dessus par un truck, Terry Schiavo à coté de moi à l'air en pleine forme. J'exagère presque pas... C'est qu'en plus de ma machoire de Don Vito Corleone, j'ai un orgelet de la grosseur d'une balle de golf. Si les deux côtés de ma face étaient symétriques je pourrais au moins mettre en cause le faux diplôme de mon chirurgien plasticien.

Signé- C

mardi 27 octobre 2009

Troisième molaire

Depuis déjà deux mois, afin d'assurer mes vieux jours et d'offrir à ma future progéniture des belles dents drettes, je vais me faire jouer dans la bouche par les étudiants en médecine dentaire de l'UdeM.

J'étire les rencontres, j'essaie d'être cute la bouche ouverte. Je me suis cependant fait prendre dans ma quête au géniteur, je ne croyais pas que ça me mènerait au traitement complet. Moi qui pensais avoir besoin d'un scellant, d'un plombage au pire, je me ramasse la bouche pleine de sang, le goût de souffre en prime, avec quatre dents en moins.

Sur la chaise, mes poils de nez fraîchement épilés et mon full make-up, je fais des blagues d'hygiéniste dentaire, je fais ma tough. La bave me descend sur le menton. Est-ce que j'ai encore une chance d'avoir un condo à Tremblant? Je parle d'alvéolite, d'hypercémentose et de paresthésie. Je compte des points, je m'approche des vacances annuelles en Guadeloupe.

Avec mon profil de tamia rayé, je pose quelques questions de base sur ma convalescence, sur mon prochain rendez-vous. Le futur père me remet ma prescription et la date de notre prochaine «date».



La pharmacienne me donne un pot d'ibuprofene 400 merde... J'aurais finalement dû opter pour le rôle de la victime cochonne au lieu de faire ma smatte.

Signé- C.

L'amie-graine

J'ai lu un jour que certaines personnes pouvaient, un jour dans leur vie, développer certaines affaires.


Il peut arriver, comme ça, que tu sois une personne à risque. Une personne qui développe des affaires pas le fun et ce, à répétition. C'est notre chimie qui décide de tout ça, on n'y peut rien.

Prenez exemple sur l'herpès buccale. Un certain individu générant une bonne quantité de feux sauvages, pourrait partager quotidiennement une brosse à dents avec une autre personne qui pourrait, si sa chimie le lui permet, ne jamais en développer. Si par contre on donne dans l'échange génito-buccal, la chimie ne peut malheureusement rien faire contre la connerie et on adhère, à coup sûr, au clan sélect du contagieux.
Il en va de même pour les mythiques vaginites qui, pour moi, tiennent davantage de la légende urbaine que de la réalité. Cette maladie honteuse peut, comme l'herpès, être facilement transmise par brosse à dents et autres génitaleries. Elle aussi n'est destinée qu'à une certaine fraction de la population, les chanceuses.

Jusqu'à ce jour je me croyais sauve de ces malédictions qui frappent sporadiquement une minorité de la population. Et bien, surprise de la part de ta chimie ma vieille! Elle a décidé autrement de ton sort, elle a tamponné ton dossier avec un MIGRAINE à l'encre rouge. Un mal fait sur mesure, que je ne peux pas refiler à personne, qui m'est personnellement destiné.
Me voilà affublée de douleurs insupportables qui te crissent du sons et lumières dans les sourcils, qui pousse des vis à bois dans ton cervelet, qui te colle les yeux dans le fond du crane.

J'aurais honnêtement préféré sentir de la noune.

Signé A -bsolument pas docteur

mercredi 14 octobre 2009

?

Malaises, mal de coeur, coeur brisé, bris occasionnel, occasion manqué, manque d'attention, attention à la marche, marchandise, divertissement pascalien, palestinien, plasticien, praticien.

J'ai tu pris du poids? Il me semble que j'ai un teint de merde ces jours-ci? Dix jours pour les 30 pages de mon rapport? Tu penses vraiment qu'il est comme ça? Est-ce qu'ils ont pris des photos hier? Même lui? Tu penses pas réellement que je vais te rendre ton foulard? 13 juillet, est-ce que ça pourrait être encore bon? C'est le stress ou le fait d'être en criss qui me paralyse la mâchoire? C'est juste moi ou même l'air ambiant me donne le goût d'me tirer une balle? C'est lui? C'est toi?

Signé- C

mercredi 7 octobre 2009

Pas d'pitié pour les croissants

Le eye of the tiger plein la tête, mes pas battent la cadence sur l'asphalte. Je m'en viens, j'arrive. Prépare toi, préparez-vous à recevoir mon humeur sur une tôle à biscuits.

Je suis près de la destination X ou Y, je ne sais plus trop, ma vision est embrouillée tellement le sang circule dans mes yeux.

J'arrive, je claque les portes, regardez moi pas je suis Médusa. Je vous pétrifie avec un simple regard, je vous projette sur les murs quand j'expire, je vous explose quand je crie.

Je ne suis pas de bonne humeur, si j'avais droit à des congés maladie j'aurais pu éviter la mort de bien des contribuables aujourd'hui.


A.